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06/09/2006

Un grand orientaliste

- Mon colonel, mon colonel ! Que se passe t il ? Dans le son de votre voix, il y a je ne sais quelle fêlure. Vous n'avez pas attrapé froid ce matin ?. Vous êtes toujours avec votre damar et votre robe de chambre en poil de chameau ramené par votre neveu du sud, de ce bled où vous avez fait vos dernières armes et dont vous ne voulez me parler que quand cela vous arrange. Je sais bien que vous êtes un grand orientaliste, il suffit de voir ce que vous avez accroché aux murs de votre salle de séjour et dans le couloir d'entrée. mais puis- je vous donner un petit conseil mon colonel

- Faites donc mon ami, je vous écouterai

- je n'en suis pas si sur

- Attention, vos peaux de chèvre sont en train de pourrir, je vous signale. Elles dégagent un relent de pourriture lorsqu'on passe devant. Je pense qu'il vaudrait mieux les enlever

- C'est que je les aime bien mes guerbas

- Demain , vous ne revevez pas dans votre salon une délagation de harkis ?

- Heureusement que vous m'y faites penser.

- Qu'est ce qui vous a poussé à écrire un petit discours sur ces gens là et les traiter d' incapables dans votre rvue des anciens du bled. Et est - ce bien utile de montrer ces photos de tous ces gens à moitié nus avec des maisons qui brûlent derrière. On vous reconnaît bien au premier plan, vous m'avez l'air heureux sur cette photo

- A mettre au musée, je crois qu'ils sont en train de préparer une expo sur le pays. Dés que ça ouvre, je vais jetter un coup d'oeil pour voir si je ne rencontre pas de connaissances

- J'en doute mon colonel

- Regardez moi ça, vous avez raison, de l'argentique bien cadré. Un peu sépia les teintes mais ça vaut le cioup d'oeil, n'est-ce pas? Des as, ces photographes. Avec un bon peitit éclairage, ils ont le don de redonner vie aux souvenirs. Ah les bons moments, nous en avons connu des bons moments Si vous aviez vu la forme que nous tenions à l'époque. On n'avait pas besoin de nous forcer à la tache. Le devoir nouis intimait d'aller de l'avant. Et on le faisait, pas de tire aux flancs, croyez moi. On se tenait les coudes, pas un qui bronchait devant les petits problèmes qu'on rencontrait de temps en temps, c'était normal. Il faut dire qu'en face, ils n'étaient pas toujours accomodants. Mais c'est comme ça qu'on se fait des amis à vie dans notre grande muette.

- On ne peut pas dire que vous n'avez pas fait votre travail à l'époque.

- De l'excellent travail, mon ami, nous étions les meilleurs pour défricher ce terrain de sauvages , de gens incultes et reprendre tout en main. Vous savez je n'ai fait qu’obéir aux ordres, faire mon devoir.

- Mon colonel, je ne vous apprendrai rien, mais rappelez-vous, ce n'est pas si loin que ça, c’est ce qu’ils disaient tous lorsqu’on les interrogeait à Nuremberg.

- Je ne comprends rien à ce que vous me dites, je ne vous suis plus, il ya des moments où je me demande si vous ne perdez pas la boule, pour un figaro, c'est la catastrophe. Reprenez vous mon ami et dites, ce n'est pas moi qui tient cet coupe coupe, mais j'ai l'oeil bien exercé. Si vous pouvez me reprendre par là et par là et un peu ici, avec votre fameux rasoir, je crois que vous reussirez comme d'habitude une coupe de tonnerre. Lorsque ça souffle, et que je prends l'air, je mets mon képi et je n'aime pas, mais alors pas du tout que ça décoiiffe!

Commentaires

Super ! Félicitations à l'orientaliste qui se cache derrière les mots ! On y sent les effluves parfumées des grands bazars, le sable chaud du désert et la nostalgie d'une époque.
A suivre !

Écrit par : Hubert | 09/09/2006

aart

Écrit par : Ginette Ayral | 09/09/2006

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