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31/12/2006

Les bénévoles de la SPA



Au moment des fêtes, ils veulent bien trouver un moment pour sortir les chiens de la SPA, qui dans l'attente d'une adoption, restent enfermés plusieurs semaines dans leur cage.

19:49 Publié dans Vidéo | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Montpellier, Maurin, adoption

30/12/2006

Elie Saab et le Passé recomposé

28/12/2006

(7)Itinéraires et Chroniques pour Temples romains du Liban. Amioun

AMIOUN

34° 15' 49 N
35° 46' 21 E
75 KM
Tripoli vers Bcharré.
Sortie de la capitale direction Amioun. A 10 Km de Tripoli, une route à droite conduit à Btourram, Bechmezzine, Amioun. L'église de Mar Jorios est en haut du village après avoir serpenté dans des ruelles très étroites. 2 ième itinéraire plus direct via Chékka et Kousba.
medium_Amioun-1.jpg

L’église St Georges en plein cœur du village a été bâtie sur les fondations du temple. L’entrée de l’église est agrémentée de quelques fûts de colonnes qui brisent l’austérité de l’édifice religieux.
Côté sud, l’assise parfaitement visible est constituée de blocs massifs.
En pénétrant à l’intérieur de l’église, on remarque les modifications qui ont été apportées au cours des siècles à l’édifice religieux, mais les ajouts successifs n’ont rien enlevé au charme qui se dégage de l’ensemble.

Vers le ciel trop clair, chauffé à blanc ce jour là, telles des excroissances sauvages greffées à la colline dénudée, elles dominaient Amioun, élevant à l'unisson leur minuscule clocher, se ressemblant comme des sœurs jumelles. Un telle profusion ne pouvait qu'engendrer la confusion et dans le village, après s'être maintes fois renseigné, on finissait par admettre qu'Amioun en possédait une bonne douzaine de ces petites églises. Treize en fait. De toute façon, celle-ci une fois de plus n'était pas la bonne, il fallait donc poursuivre le chemin et monter bien plus haut. Après un parcours sinueux dans des ruelles étroites, une grande vasque et un fût de colonne attestèrent enfin que c'était bien là le bon endroit. Devant le porche, des ouvriers travaillaient à remettre en état la façade.
- Faites attention au ciment, il est tout frais mais rentrez. Vous ne vous êtes pas trompés. C'est bien ici, chez nous dans cette église, il y a juste un an qu'eut lieu le miracle. D'abord, je vous montre le souterrain.
L'homme qui tenait ces propos se présenta : il avait vécu à Amioun une grande partie de sa jeunesse et la guerre l'avait forcé à quitter le pays. Depuis peu, il était rentré et une de ses premières préoccupations avait été de réparer l'église. Il était ingénieur. medium_Amioun-2.jpgAprès avoir déplacé quelques bancs et soulevé avec peine un tapis usé par les milliers de pas, il fit basculer sur le côté une trappe en bois qui venait d'apparaître. Se penchant au-dessus du trou qui ressemblait à un puits, il fit décrire à la torche qu'il tenait en main de grands cercles autour de la paroi en pierres taillées qui s'enfonçait dans l'obscurité.
- L'année dernière, nous n'avons pas été plus loin. J'ai mesuré : neuf mètres. C’est un souterrain qui date de la période byzantine. Il faudrait poursuivre les travaux, mais nous savons déjà qu'il aboutit un kilomètre plus loin à l'autre église, celle de St John.
Il resta silencieux un long moment et finit comme à regret par refermer la trappe, car l'obscurité qui enveloppait l'orifice ne pouvait confirmer davantage ses propos, mais le tapis replacé, en se relevant, il poursuivit avec un certain engouement :
- Mais le plus important, ce sont nos icônes, les plus belles de toute la région.
En se rapprochant de l'autel, on pouvait apercevoir malgré l'obscurité qui régnait à cet endroit, des miniatures parfaitement alignées, illustrant la légende de St Georges terrassant le dragon, certaines représentant très naïvement le chemin de croix. Des dates plus ou moins lisibles apparaissaient : 1820, 1840 , 1844.
- Si vous vous amusez à les compter, dit l’ingénieur qui s’était rapproché en silence, contemplant les icônes comme s’il voyait pour la première fois , nous en avons soixante
- Tenez, celle-ci, c'est notre icône de la Vierge et grâce à elle, le 2 avril 1995, notre église est devenue célèbre. Sinon, vous ne seriez pas là, n'est-ce pas ! Ce jour là, tous les fidèles, et j'en faisais partie, c’était juste avant la fin de la messe, nous avons vu une grande lueur qui sortait de l'icône, celle qui était juste placée derrière le père qui officiait. Je vous assure, j'étais à trois mètres, je me suis précipité. De l'huile, oui Monsieur, croyez moi, j'ai vu de l'huile sainte qui suintait de la toile. Cela ne s’arrêtait plus et ne me dites pas que ce sont les pigments de la peinture qui tournaient à cause de la chaleur ou de la lumière. Ici, il fait toujours frais et nous n'avons que quelques cierges. Nous avons tout de suite compris que c'était un signe de Dieu. Nous nous sommes agenouillés à la place où vous vous tenez en ce moment et nous avons recueilli de cette huile. C'est à partir de ce moment que les miracles ont commencé dans notre région.
Il resta un moment silencieux puis s’avança vers l'entrée. Sur un pupitre, un grand livre était ouvert. Sur chaque page couraient des phrases en plusieurs langues, dans une écriture souvent maladroite.medium_Amioun-3.jpg
- Approchez vous, il suffit de lire. Voilà, tout est écrit ici, tous ceux qui sont passés par notre église. Il y a les témoignages des médecins et surtout ceux des malades. Je suis ingénieur, je vous l'ai dit tout à l'heure et je ne crois qu’à ce que je vois ; j'ai vu de mes propres yeux et le même jour un malade marcher, un handicapé des deux jambes. Nous l'avions frictionné le matin avec un simple coton imbibé d'huile sainte. Attendez, ne souriez pas, dans la même semaine c’est une vieille dame aveugle qui a retrouvé la vue sur le champ . J'aurais aimé que notre prêtre vous en parle, il aurait pu vous fournir d'autres témoignages dignes de foi. Mais je regrette, il n'est pas là, il part en voyage chaque année quelque part et cette fois il est parti au Brésil pour informer la communauté de ce qui s'est passé. En fait, depuis le miracle, nous recevons des gens du monde entier, mais suivez - moi.
L'ingénieur était devenu silencieux, comme étourdi par ses propres paroles qui résonnaient sourdement dans le chœur. En regagnant la lumière, il regarda une dernière fois les icônes qu'il n'avait pratiquement pas quittées du regard, comme pour vérifier qu'elles resteraient à jamais là, dans la pénombre.
- J'ai oublié de vous dire, que ce temple sur lequel a été bâti l'église, notre chère église, était très connu dans l'antiquité. On l’avait surnommé " le Temple de l'Amour "!

(8)Itinéraires et Chroniques pour Temples romains du Liban. Akroum

AKROUM
34° 32' 34 N
36° 21' 26 E
165 Km

Route de Tripoli et d’Homs
Se diriger à l’est vers Kobeyat. Dépasser cette localité d’une trentaine de Km pour arriver à Akroum qui semble être le bout du monde. Ne pas hésiter à se renseigner pour atteindre le temple caché en plein cœur de la montagne.
medium_Akroum.5.jpg

De nombreux fragments de moulures au sol, des murs avec arcades séparés par une arche, ce qui est peu fréquent, voire rare, une cella en forme d’alcôve, des corniches ouvragées assez bien conservées, enfin l’existence commune de trois temples prostyles qui côte à côte s’étendent face au lac d’Homs : l’ensemble de ces vestiges mérite le déplacement et la peine qu’on se donnera à gravir la forte pente de la colline pour accéder à ce site fort éloigné de la capitale


Seul le ronflement sourd du narguilé se percevait. Tous les trois, les genoux repliés sous eux, sur un tapis qui avait perdu depuis longtemps ses couleurs, ils se tenaient immobiles, les mains à quelques centimètres au-dessus du poêle. Un ancien poêle à bois, tout rouillé de l'extérieur et dont le conduit en fer blanc laissait passer par à coups un peu de fumée qui montait doucement en de petites volutes au dessus du groupe silencieux. La pièce était fort sombre : une lumière faible qui provenait de l'unique lampe à pétrole posée à même le sol. A l'origine blanche, la teinte des murs avait viré au gris, tandis qu'au niveau du plafond, là même où le tube étroit s'enfonçait, tout le pourtour était noir.
Celui qui fumait par petits coups le narguilé paraissait le plus âgé, mais il était difficile de se prononcer sur son âge. Le torse légèrement incliné, à voix très basse, d'une voix presque inaudible, il se présenta comme étant le cheikh. Posant le tube flexible qui n'avait jamais quitté sa bouche, d'un geste lent, il commença en silence, sans que ceux-ci aient relevé la tête, comme hypnotisés apparemment par la vision du poêle qui à vrai dire ne dispensait qu'une maigre chaleur, à dénouer le turban blanc qu'il portait, et tout en le déroulant avec un soin extrême, il prit à témoin la femme qui disposait aux pieds des hommes un minuscule plateau qui supportait une grande cafetière cabossée.
- Le temple romain, c'est comme s'il n'existe pas pour nous. On sait qu'il est là. Moi, ça fait bien six mois que je ne suis pas monté. Pour aller en haut, ça prend du temps. On nous a installé le téléphone cellulaire il y a une semaine, ici il ne fonctionne pas. Il n'y a qu'un endroit d'où on peut parler, c'est là-bas, il n'y a rien qui gêne.
Il se tut un long moment et son voisin lui tendit le narguilé. Il aspira longuement sans que rien ne vienne, puis des petites bulles finirent par monter avec un léger bruit dans le verre transparent. Un long silence remplissait à présent la pièce dont les contours disparaissaient dans la fumée qui avait envahi peu à peu chaque recoin. La femme qui s’était tenue immobile à l’écart du groupe se rapprocha du poêle comme pour se réchauffer, sans oser joindre ses mains à celles des hommes. Elle avait le regard fixé au sol et tenait encore la cafetière vide dans sa main. Elle l'agita deux ou trois fois et dit sans lever la tête :
- Aujourd'hui, il faut monter téléphoner pour avoir des nouvelles de ton petit -fils à l’hôpital , tu as juste le temps avant la nuit .
Alors l'homme sans paraître gêné par le tube de narguilé qui était resté en bouche, pour la première fois lança un regard vers ses amis et dit d'une voix ferme qui n'avait plus aucun rapport avec le ton qu'il avait utilisé auparavant :
- C’est d'accord, ma femme, tu as raison ! Je m’arrêterai avec le monsieur et je ferai une prière pour le petit de mon fils. Le dieu des Romains, c'est le mien aussi. Je vais en profiter pour voir comment se porte la montagne et notre temple d'Akroum. Avec les pluies cette année, je me demande ce qu’il en reste.