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21/01/2007

Itinéraires et Chroniques pour Temples romains du Liban. Bziza (09)

BZIZA
34° 16' 10 N
35° 49' 17 E
90 KM


Autoroute de Tripoli. Jbeil et Batroun. A Chekka, prendre direction Bcharré via Amioun et Kousba.Pour Bziza : à Amioun, tourner à droite et prendre direction Dar Baachtar. Il faut compter 7 Km pour arriver à Bziza. Le temple se trouve sur la route de gauche, derrière la station d'essence.

Temple prostyle.
Sur quatre colonnes du porche, trois supportent un chapiteau en bon état de conservation. A l'intérieur du temple, sur le mur du sud et au-dessus de l'ouverture de la porte, on note la présence d'une niche.

medium_Bziza-2.jpg


Depuis Jounieh qui reste en permanence plongée dans la brume, tout au long du parcours, la mer agitée se mêle aux nuages qui persistent à demeurer au-dessus d'un horizon si bas qu'on a l'impression que l’orage se prépare. L’autoroute de Tripoli semble interminable, et à part de rares courbes, s'étire paresseusement. Quelques poids lourds que l'on dépasse, tous, se dirigeant vers le Nord, vers de hautes cheminées, celles des cimenteries grises de Chekka.
Dressé sur un piton rocheux, un petit château fort, celui de Sailaha, qui date de l'époque des croisades. Le regard s'accroche à la muraille ocre qui reçoit une lumière toujours aussi pale mais plus intense, avec autour, immobile et comme pétrifié dans la pierre un troupeau de moutons à la robe marron foncé. Plus loin une large paroi rocheuse dominée par une église qui tend son clocher aigu attire soudain l'attention ; la falaise est percée d'une multitude de niches qui auraient dit-on servi de refuges aux moines et ermites des siècles derniers : c'est l'entrée d'Amioun.
De là, la route s'enfonce de plus en plus dans la verdure, se montre résolument campagnarde, semblant même prendre des airs de fête. De nouveau, une petite église apparaît au soleil couchant. Architecture apaisante qui se dresse au-dessus des champs denses et sombres d'oliviers dans le ciel rougeoyant. Juste derrière, au milieu d'une place, en face d'un petit autel fort modeste, le temple de Bziza.
L’œil ne voit d'abord que de longues canalisations métalliques grises et des tubulures vertes qui ceinturent de toutes parts ; ici et là des outils délaissés, la vie éteinte d'un chantier. Des voix lointaines : ce sont des dames âgées qui passent lentement sur le sentier d'en face. Elles traversent la place pour contempler à leurs pieds les tranchées et après avoir hoché la tête, elles finissent par s'éloigner. Le silence gagne la place. Peu à peu les colonnes se perdent dans la lumière qui faiblit. Mais soudain des aboiements sourds viennent déchirer l'espace : près du mur d'enceinte qui s'enfonce déjà dans le crépuscule, quelques brebis suivies d’un vieux chien, arrivent sans se presser, venant de nulle part, approchent des colonnes. Certaines vont jusqu'à y frotter lentement leur toison puis s'en vont comme à regret. Le piétinement des sabots sur l'herbe persiste quelques instants, s'estompe. Deux agneaux n'ont pas suivi, hésitant entre l'enceinte du temple et le chemin qui s'ouvre vide devant eux. Ils resteront un long moment à bêler faiblement et à gémir derrière les colonnes, broutant encore malgré tout l'herbe rare qui pousse entre les pierres de l'édifice, avant de se décider finalement à s'engouffrer dans le sentier perdu dans l'obscurité. Déjà, les étoiles envahissent le ciel immense au-dessus u clocher devenu presque invisible. D'une fenêtre, qu'on devine grande ouverte sur l'air de la campagne devenu plus vif, une radio laisse filer à voix basse les nouvelles de la journée.

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