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12/12/2006

A la recherche du temps perdu

La visite des cimetières en Algérie est on ne peut plus affligeante pour l'esprit et le regard. Les promesses de remédier à une situation déplorable, faites tant au niveau de l'état algérien que par nos politiciens, n'ont jamais été respectées, hormis quelques cas isolés, comme par exemple à Alger.
Plutôt que d'ériger un musée à Montpellier, commençons à oeuvrer utilement afin de redonner un peu plus de dignité à nos disparus

01/12/2006

Taille du gilet pare-balles pour Segolen ? L ou XL

- Bonjour mon ami !
- Bonsoir mon colonel, c’est la nuit
- Ah, vous avez raison, je n’ai vraiment pas remarqué le temps qui passe. Savez vous que je n’ai pas quitté mon siège devant le petit écran depuis ce matin,
- Je vous comprends mon colonel, vous voulez être aux pointes de l’actualité un peu comme celles de vos cheveux
- Profitez en, j’en ai bien besoin, et puis je me sens rajeunir, chaque fois que vous me passez votre coupe- chou sur les tempes
- Vous savez mon colonel, je ne suis pas de première jeunesse et ma main elle tremble avec l’arthrite et j’ai toujours une gène aux poignets, vous avez . Vos menottes une année que je les ai gardées jour et nuit
- Cela vous apprendra d’avoir voulu déserter. Quelle idée de repartir au bled à l’époque, vous étiez bien chez nous logé, nourri, blanchi. L’intox, voilà où ça vous a mené vous et vos frères. Mais tout ça, c’est loin, moi je vous parle du présent. Aujourd’hui, vous devez vivre avec votre temps. L’Algérie aux algériens, un point c’est tout et ici, vous êtes chez vous
- Vous croyez mon Colonel, il a pas dit ça Frêche. Mon Colonel, j’ai toujours mal aux mains et quand je vous coiffe, c’est pas la joie tous les jours
- Bon, mettez vos ciseaux de côtés et rengainez –moi dare dare votre coupe chou !
- Alors mon Colonel, vous voulez parler de l’actualité. Qu’est ce qui a aujourd’hui ? Qui c’est qui est vivant, qui c’est qui est mort ?
- Je vais pas vous parler de la notice nécro du monde ou du Figaro, mais ma parole, on vous a pas appris dans votre bled à écouter la radio, lire les journaux ?
-Moi mon Colonel, c’est le foot surtout !
- Ségolen, ça vous dit quelque chose quand même ?
- Oui mon Colonel, ça me dit quelque chose , c’est vrai, c’est pas la petite dame bien coiffée de la rue Passy qui sourit toujours à la télé et qui veut se présenter ?
- Mais oui, mon ami, c’est elle, qu’est ce que vous en pensez, elle a de l’allure, tenez, vous voulez que je vous livre le fonds de ma pensée, elle me fait penser à ma chatte. Elle ronronne, et d’un seul coup vous l’approchez et hop là un bon coup de patte au passage qu’elle vous envoie sans que vous sachiez d’ou ça vient
- Elle parle beaucoup pour une femme et vous savez chez nous les femmes ....
- C’est vrai les femmes chez vous , le droit à la parole, elles ne l'ont pas, il me semble
- Elles nous font des beaux enfants, mon colonel, on a pas à se plaindre
- Revenons à Ségolen , vous savez où elle se trouve
- Chez nos amis les Syriens
- Ah, non , vous faites erreur. Au Liban
- C’est pareil, mon Colonel, le Liban, la Syrie , c’est Kif Kif
- Qu’est ce que vous me chantez, il y a des frontières, deux pays, deux peuples
- Mon Colonel, la route de Damas, je la connais par cœur, j’ai fait le taxi en 1987,à l’époque où on enlevait les diplomates de chez vous et les journalistes,
- Eh bien ?
- 1 H, 1H 30 vous quittez Beyrouth, passez à Masna, la border comme ils disent les américains; on vous demande rien si vous êtes algérien, libanais ou de Dubai. Je vous dis que les Libanais et les Syriens, c’est pareil ; tenez par exemple le mezze, vous ne pouvez pas voir la différence, à Basta la banlieue sud de Beyrouth ou Homs à 100 km, c’est le même gout.
- Je ne vais pas discuter gastronomie avec vous mon ami, j’en étais à Ségolen. Elle est au Liban, la terre des phéniciens.
- Moi, je comprends pas ce que vous voulez aller faire là bas. Vous avez des problèmes avec les arabes ici, et vous allez en chercher d’autres à 4000 Km
- L’histoire nous réunit mon ami depuis St Louis. Depuis les rois capétiens, jusqu’à ce jour, nous avons tissé des liens indissolubles
- Mais ma parole, mon Colonel, et le Drakkar. L’attentat qui a couté la vie à vos amis, vous avez oublié ?
- La guerre ne fait pas de cadeau et tout ça c’est du passé
- Alors vous avez fait la paix mon Colonel avec le Liban ?
- Je vous dis que c’est le passé. On a tourné la page
- C’est vrai mon Colonel. Vous aimez tourner la page quand ça vous convient et puis ça arrange vos affaires. Un jour, la guerre, demain la paix, vous êtes là où il faut. Et vous avez de bons ingénieurs
- Je ne vous comprends pas
- Le pays il a besoin de ponts, de routes avec ce qui s’est passé il y a pas longtemps; il y a des contrats dans l'ait
- Vous ne comprenez rien à notre politique ! Nous ce qui nous importe, c’est la démocratie
- Mon Colonel, Ségolen, moi je sais pas si elle va faire une bonne présidente pour vous
- Qu’est ce qui vous faire dire ça ?
- Un matin, elle va à Beyrouth, un autre jour à Gaza, elle a trop la bougeotte, elle prend pas le temps de discuter
- Ecoutez je ne suis pas son directeur de campagne pour la conseiller
- Moi, je lui aurai dit. Mme Ségolen, Si vous voulez être dans la cour des grands, pourquoi, vous n’étiez pas à la manif à Beyrouth des prosyriens. Mon Colonel, ça avait de l’allure, y avait du monde à la place du parlement. Vous voyez mon Colonel, je sais tout
- Qu’est ce que vous savez encore mon ami ?
- Eh bien ils disent là bas qu’au moins qu’elle aurait pu discuter avec Nasrallah le boss des hosballah. Non , elle a été à l’ambassade et puis vite voilà qu’elle veut partir sur Gaza. Elle confond les palestiniens avec les syriens, masi les hosballah, il n'y a pas besoin d'aller les chercher si loin
- Vous savez avec la politique qui évolue, il faut s’adapter
- Je sais pas mon Colonel, mais on dit à Beyrouth autre chose
- Quoi par exemple ? En haut lieu c’est filtré au maximum et j’aurai été mis au courant dans ma position, on me demande souvent mon avis
- Mon Colonel, ils disent qu’elle a réclamé un gilet pare balles, elle en a eu un mais voilà, il était trop petit et vous savez les femmes avec leur poitrine, c’est taille large.
- Qu'est ce que vous me racontez?
- Mon Colonel, elle veut pas Segolène qu’on parle de ses seins. Ça aurai fait mauvais effet qu’elle se plaigne déjà de mauvais traitements là bas et pour être un bon président, elle doit se comporter comme un homme. Chez les arabes, c’est pas le sexe qui compte, enfin pas tout le temps, vous comprenez ce que je veux dire mais les discours, ça c’est important. Nous la parole, c’est de l’or pas de l’argent . Elle va parler à Hammoud Abbas, là, ça va marcher un peu
- Comment un peu ?
- Mon Colonel, ils sont tous des arabes, les palestiniens. Ségolen , elle est française et tant que les Français, ils ne deviendront pas musulmans, ils comprendront rien aux arabes. Ségolen, elle va rentrer en France, les mains vides.
- Vous vous trompez lourdement. Mais dites moi franchement, qu’est ce que vous pensez de Sarko, pendant qu’on y est ? J’attends votre avis
- Sarko, c’est simple, lui aussi il va avoir la bougeotte. il va parler encore aux Américains et je sais déjà qu’il va voir Sylvester Stallone.
- Vous avez mon ami, pour être président, il faut une envergure internationale. Mais alors qui vous conviendrait ?. Vous êtes vraiment difficile avec vos exigences !
- Y en a qu’un qui a pas la bougeotte. je vois bien Le Pen, lui, il reste chez lui, il parle pas beaucoup mais au moins il parle aux Français, rien qu’aux Français
- Et qui encore, maintenant que nous en somme aux confidences ?
- Mon Colonel, il y en a un qui a sa chance. Il dit et il fait ce qu’il pense. Mais je sais pas si j’ai le droit de vous en parler. En tout cas chez nous, c’est sur, il nous convient, il raconte que des blagues, mais alors des blagues sérieuses. Moi je crois qu’il serait un bon président car il sait parler aux Français
- Qui est ce votre favori ?
- Pierre Guiraud, il est un peu petit comme tous les Français. Mais je crois que c’est un costaud et lui il pas besoin de gilet pare- balles pour se déplacer.

23/11/2006

Des larmes de crocodile pour le Liban

- Alors Mon Colonel, rien de nouveau cette semaine ?
- Vous plaisantez mon ami, vous ne lisez pas les journaux, vous n’écoutez pas la radio ?
- Comme tout le monde , Mon Colonel ; il ne se passe pas grand chose, des grèves, des accidents, bref le train - train
- Je constate qu’à part vos tonsures dans l’immeuble, vous n’êtes vraiment pas à la page. Un ignare, voilà ce que vous êtes. Je me demande ce qui m’a pris lorsque je vous ai sorti de votre gourbi
- Vous y allez un peu fort, Mon Colonel, c’est nous qui sommes venus chez vous, et pas l’inverse
- Cela revient au même, avec toute l’éducation qu’on vous a donnée, vous êtes à ce jour incapable de suivre ce qui se passe dans le monde
- Mon Colonel, j’ai beaucoup de travail et à l’approche des fêtes, tout le monde aime bien se faire couper les cheveux
- Comment , mais ce n’est pas tout à fait Noël et à ce que je sache, chez vous les disciples de Mahomet, cela ne vous concerne pas
- Mon Colonel, ils sont pas tous des arabes dans votre immeuble, ils se préparent et ils savent pas s’ils auront assez d’argent dans le mois qui vient
- Je ne vois pas le rapport, si on commence à faire des économies un mois à l’avance et quand je dis un mois, il reste exactement 1 mois et deux jours pour la crèche et le petit Jésus. Mais nous nous éloignons du sujet, alors comme ça vous n’êtes pas au courant ?
- De quoi mon Colonel ?
- Mais de Gemayel, du Liban
- Ah, je comprends, vous faites une allusion à l’attentat ?
- Parbleu, le pays à feu et à sang, ce pays du miel et de l’encens, je ne veux plus y mettre les pieds
- Ecoutez, Mon Colonel, je ne vous suis plus, un jour vous dites, il va falloir qu’on s’en occupe, un autre jour, vous baissez les bras, mais cela ne m’étonne pas
- vous ne me feriez pas un peu de politique entre deux sourates à votre mosquée ?
- Jamais de le politique, depuis qu’on est chez vous, mon Colonel, mais peu être dans quelques mois
- Vous, mon ami, je vous vois venir avec vos grands sabots. Je sens que vous allez encore nous enquiquiner avec votre façon de marchander vos voix
- Pas du tout mon Colonel, nous on sait où il faut mettre les pieds, ce n’est pas comme vous !
- Puisque vous le prenez comme ça, je crois qu’on va arrêter le dialogue
- Mon colonel, on dialogue pas, on discute
- Eh bien, je vous écoute, discutons
- Je préfère mon Colonel, car avec vous on ne sait pas comment cela se termine, ou plutôt si, je me souviens, quant on était sous vos ordres en Algérie, dés qu’on l’ouvrait, vous disiez « Au trou » j’ai pas oublié.
- Les ordres, c’est les ordres !
- Pour le Liban, Mon Colonel, alors qu’est ce que vous faites ?
- Si vous voulez parler de l’attentat qui a couté la vie à ce malheureux chrétien, je vous dis tout de suite , j’ai demandé à faire partie de la commission d’enquête
- Dites moi, Mon Colonel, vous ne faisiez pas partie de la commission pour Harriri, celui qu’ils ont descendu
- Naturellement, mon ami, c’est un grand honneur
- Et pour le directeur du journal qu’ils ont zigouillé, Gebrane Tueni il y a pas si longtemps ?
- Evidemment ! En tout cas , ça y est, on a décidé et en haut lieu la constitution d’un Tribunal spécial pour le Liban. Croyez moi, mon ami c’est l’ONU et ça ne plaisante pas
- Ah, oui L’ONU , l’organisation des nations inutiles, mais c’est un zoo, Mon Colonel !
- Un zoo, je ne comprends rien à ce que vous dites
- Vous savez bien , mon Colonel, il y au zoo de Vincennes mais dans les zoos du monde entier des crocodiles
- Et alors ?
- Ils vont tous verser des larmes et puis pffit…..

30/10/2006

Exemple de Discours à ne pas prononcer à l'Elyséée en ce jour de la Toussaint

Ce jour ci,
Président, avec ou saint Sacrement
Pdg, huissier, soupe au lait
Employé, épicier, fermier
Dans les tours, bourgs, faubourgs
Aérodromes, baisodromes
Palais et prieurés,
Ils voulurent l’ouvrir, Leur grande gueule,
mais je tenais à leur rappeler quelques vérités pour mes aïeuls

Ce ne fut pas à sept mais sûrement huit qu’ils se réunirent
En cette année d’Algérie 1958
Ce ne fut pas quelque part mais d’une étable
Que le complot prit forme autour d’une vieille table.

Ce ne fut pas une salve au petit bonheur qui permit l’horreur
Mais la balle perdue des leurs qui toucha le petit instituteur.
Ce ne fut pas de grands enfants
Mais des serpents

Ce ne fut pas un « je vous ai compris »
Qui interdit de remplir cales et ponts sans aucun répit.
Ce ne fut pas vers l’autre rive un aller retour
Qui fit de cet ultime voyage un grand jour

Ce ne fut pas l’accès aux cités dortoirs
Qui délivra de tous les devoirs.
Ce ne fut pas sur les monuments impassibles de belles envolées
Qui pansèrent les années fanées

Ce ne fut pas les arriérés de pensions
Qui purent arrêter l’émotion.
Ce ne fut pas les vitrines des musées encombrées de lauriers
Qui délivrèrent du passé muet.

Ce ne fut pas un magnifique symbole
Que cette obligation d’aumône.
Ce ne fut pas un français mais un handicapé
Que ce rapatrié dont on se chargeait.

Ce ne fut pas une victime mais un léger ennui
Que ce vieil homme plongé dans sa nuit.
Ce ne fut pas au passé mais à présent
Qu’on décida calmement mais très fermement

De tirer à jamais
Un trait épais
Bel et bien noir
Sur le pied noir


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