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28/10/2006

Pourquoi durant le Ramadan avoir les dents saines et l’haleine fraîche ne riment pas forcément ensemble.

Des effets néfastes pour l'individu d'une diette forcée

Il est curieux de constater qu’aux pays de l’Islam,
Toutes tendances politiques confondues,
La religion, flambeau de peuples mais piètre flamme
Est d’un piètre secours lorsque l’estomac est à nu

Cruellement, le pèlerin et auguste croyant
A des périodes bien déterminées
Quand bien même trop décalées tout l’an
Admet que son corps est bien négligé

Oh loin de moi, galette des sarrasins
Couscous aux épices poivrées
Bières aux comptoirs lie de vin
Mets parfumés et étreintes adorées

Je n’ai, disait cet amateur de fumées
Que tiré une dernière bouffée aux aurores
Serré ma ceinture qui baillait
Sorti au son du coq ma montre dehors

Triste jour que cette aube sans promesses
La devanture s’est refermée sur les zlabillas
Penser à la chorba, serait ce quelque faiblesse ?
Vais - je ou ne vais- je pas passer à trépas ?

Vivement le croissant au ¼ de tour dans la nuit noire
Bravo, le mugissement du muezzin
Vite, enfilons la djellabah pour m’asseoir
Rapidos, mes versets pour qu’ils prennent fin

6H du soir ; je dîne
Minuit, il fait gris, j’ai faim
3H, je faiblis et re- dîne
6H, j’ai bien faim



Ayant parcouru de long en large des régions au croissant pas toujours fertile,
foulé le sable du désert dont le sable porte l’empreinte des croyants mahométans,
passé sous le porche des mosquées aux murs lézardés ou dorés, écouté murmurées les sourates ;
Frère musulman, je pourrai te plaindre mais au fond comment ne pas t’envier
Car sans remède, ni conseil de diététicien,
par miracle tu réussis d’année en année , de siècle en siècle
à concilier cœur, raison, corps .
En quelque sorte tu reprends le miracle de la Trinité.
Félicitations pour perpétuer le sacrifice de soi
( A ton compte )

21/10/2006

mon colonel, mais vous savez les vivants, vous vous en êtes débarrassés, nous c’est les morts, c’est kif kif, on s’en débarrasse !.

-Tiens , vous chez moi ! 1 mois d'absence sans crier gare, mais vous en avez du culot de revenir ici !
-Mon colonel, je crois que vous avez oublié, mais les congés, cela faisait trois ans que je ne les avais pas pris, il fallait bien retourner au pays
- Au pays, vous n'avez que ce mot à la bouche, vous n'êtes pas bien ici, chez nous?
- Je suis chez vous, c'est sur, mais ce n'est pas comme chez moi
- Question de temps, vous vous vous habituerez
-Mon colonel, 54 ans que cela fait et je ne suis toujours pas du coin et mes enfants, ils pensent la même chose. je crois que je leur fais honte
- Il faut dire que vous ne faites pas d'effort pour vous acclimater depuis le temps que je vous le répète. Si au moins vous aviez appris à écrire
- Mon colonel, je sais signer, c'est suffisant et il y a mon gosse qui me lit les nouvelles. D’ailleurs, c'est comme ça que j'ai su qu'il fallait repartir chez moi
- Mais ne dites plus chez moi, Bon sang. On ne vous a pas appris à être poli. Depuis tout le temps que vous passez à la maison, vous faites partie de la famille. Vous êtes un têtu dans votre genre. Et puis qu'est ce vous aviez à faire là bas. On dot se les geler non dans votre cambrousse?
- A Laghouat, pas tellement, mon colonel, il fait dans les 27, 28 c'est mieux qu'ici. Et il fallait que je passe au cimetière
-Vous avez encore perdu quelqu'un. C'est pas possible. Mais vous êtes combien chez vous. Cette année, je vous ai entendu dire. Ahmed il est parti rejoindre Allah , il y a quatre mois, Mohammed, il est parti au paradis, et l’année dernière il y a avait Brahim et Mustapha ; il ya deux ans, Sleiman et Titov. Tiens je me demande pourquoi il portait ce prénom de russe, celui - là. Qu’est qui lui est arrivé à votre Titov
-Mon colonel, un problème aux bronches, on l’avait appelé Titov, mais au début il s’appelait Smael, mais cela ne plaisait pas à ses patrons ; les mines ça ne lui plaisait pas à lui non plus, il les appelait l’enfer noir ; il aimait les soleil, mais la ferme de ses parents, les français, enfin les militaires français ils lui ont brûlé, les parents avec, alors il avait du partir. Il est bien resté finalement dans l’Union ; ça ne lui a pas réussi de revenir au chaud chez nous.
-Bon écoutez je ne vais pas encore vous écouter me décrire tous vos malheurs. Dés qu’on vous pose une question, c’est parti, vous commencez à vous plaindre de la vie, il vous faut aller au mur des lamentations, vous serez très bien là bas, on vous écoutera
Ah, non colonel, je vous arrête, c’est pas possible le mur des lamentations, c’est pas à nous
-C’est vrai excusez moi, mon ami, j’avais oublié, non à vrai dire ce n’est pas la bonne direction. Mais où en étions nous ? J’aimerai bien comprendre quand même ce que vous êtes allés fabriquer dans votre cimetière de je ne sais quel patelin
-Laghouat, mon colonel
-Laghouat en effet, mais ça me dit quelque chose
-Votre armée, elle nous avait pris la ville en 1852
-Exact, mon ami, je mes souviens, mon grand père il faisait partie de l’escadron du Général Bouscaren
- Mon grand père aussi, je m’en souviens, mon colonel
- Rapprochez vous, vous savez que je suis un peu dur de la feuille, qu’est ce que vous me dites ?
- -Mon colonel, mon grand père aussi, il a combattu la France,
- Et alors il a perdu, c’est l’essentiel
- Il avait pas perdu la vie mon colonel, c’est le général Bouscaren , et il y avait aussi Morand. Une balle en plein front
- On dirait que ça vous réjouit, deux joyaux de l’armée française, morts sous les balles de l’ennemi. Ils sont aux Invalides à présent. On allait pas les abandonner sur la terre brulée ?
- Il faut bien mourir mon colonel, mais eux, ils avaient des canons ; Les arabes, les Laguouati des fusils. C’est pas juste vous croyez pas ?
- La guerre, mon ami, ça ne fait pas de cadeau, un ennemi, on s’en débarrasse
- D’accord mon colonel, mais avant, ils étaient bien vivants, et ils avaient des femmes, des enfants, des moutons et même des chameaux pour transporter le sel de la Mauritanie. Mon grand père il me racontait que le combat avait fait tellement de morts que même les corbeaux ils n’étaient plus affamés. Il me disait et j’étais tout petit pourtant c’est là dans ma tête, les tourterelles elles n’étaient jamais plus revenues vivre dans les palmiers ; alors le jour et la nuit c’était le silence, comme chez vous quand vous arrêtez la télé. Je crois que les Français ils s’étaient bien débarrassés des Laghouatis, mais cela n’a servi à rien n’est - ce pas mon colonel, nous on est là et vous vous avez pris le bateau pour rentrer.
- Non pas le bateau, l’avion, cela ne revient pas au même
- -C’est plus rapide pour la retraite
- Je n’étais pas retraité.
- -c’est pas la même chose, la retraite pour un soldat qu’être retraité, je crois mon colonel
- Naturellement mais on s’éloigne du sujet, où en étions nous ?
- Laghouat, vous ne la reconnaîtrez pas
- Et pourquoi , vous doutez de ma mémoire ?
- Je veux dire par là qu’il y a des paraboles et les portables ça marche
- Le progrès, toujours le progrès, vous voyez bien que malgré votre islam, Mahomet il n’a rien contre les téléphones cellulaires. Alors comme ça, Laghouat, vous me dites que c’est moderne. Ah moi, j’aimais bien les souks
- Il n’y a plus de souks, ils ont construit des parkings
- -Dommage et la place de l’église
- *Toujours là mon colonel, mais c’est un musée
- Quelle idée et les Pères blancs ?
- Tous quittés, mon colonel
- Mais j’y pense, vous avez parlé de cimetière. Je ne me trompe pas ? Qu’est ce qu’il est devenu ?
- Toujours là mon colonel, mais vous savez les vivants, vous vous en êtes débarrassés, nous c’est les morts, c’est kif kif, on s’en débarrasse !.

10/09/2006

A la recherche du temps perdu. Le goût du porridge à Beyrouth

- Alors quoi du neuf mon ami?
- Non, on se maintient mon colonel, je suis un peu fatigué aujourd’hui, c’était le week end et on est tous rentrés tard ; on avait pas l’envie de regarder Mme Segolen au JT et on a parlé un peu de tout. Mais vous n’allez pas me croire, mon colonel
- Ici, le mensonge est interdit mon ami. Vous me connaissez
- Je vous connais bien mon colonel maintenant avec le temps et si un jour on me demande à rendre des comptes, je note tout sur mon agenda je suis sur de ne pas me tromper. Comme ça on peut tout expliquer le pourquoi et le comment. Mon colonel, on tombe tous à genoux quand je rentre à la maison, d’abord parce qu’on est tous crevés par le Week end qu’on passe pas à Deauville mais à la Paillade et ensuite quand ils faut m’écouter parler de ma journée ici dans votre belle villa avec le mobilier de je ne sais quel Louis, celui qu'on a décapité chez vous. Je peux dire tout tout sur votre travail, il y a rien de mal mon colonel ?
- Vous êtes libre mon ami comme l’air et la république vous accorde tous les droits, vous le savez bien, évidemment il ne faut pas abuser comme font vos compatriotes. Je vous classe à part, vous vous êtes un pur
- Mes enfants ils aimeraient bien vous rencontrer un soir ; mais je leur dis, pas maintenant c’est trop tôt, il faut attendre la bonne occasion , mais ça viendra, je les calme, mais à chaque fois ils insistent, ils me disent, il faut qu’on le voit ton colonel vite et qu’on lui parle. Je ne me fâche pas car ils m’écoutent, je ne veux pas qu’il leur arrive quelque chose et qu’un beau jour ils se cachent dans un poste transfo. On apprend mon colonel avec le temps et on n’oublie jamais, une fois que le livre est refermé, on regarde le ciel avec les fumées des chaudières et on se dit, un jour que l’immam de la mosquée il a raison sur le fonds. Tenez, et si vous me parliez du Liban, vous avez fait du bon travail là bas encore et vous avez je crois gagné deux étoiles sur vos manchettes et les épaulettes. Votre costume il est aussi beau que la pays du miel et de l’encens.
- Mon costume me va bien, je le sais,
- Comme un gant, mon colonel, comme un gant qu’on a jamais envie de jeter même quand on a perdu l’autre
- Inutile d’en rajouter, je sais que vous voulez me faire plaisir
- Mais si mon colonel, parlez moi de la Suisse du moyen orient. Je pourrai faire encore plaisir à, ma famille si je leur dis tout ce que vous savez. Je vois que vous êtes encore triste mon colonel, non, ça ne va pas s’arranger. Je comprends mieux désormais pourquoi derrière votre sourire d’homme du monde, il y a je ne sais quoi de tristounet, d'inquiet, de doute. Je vous ai cru au début, vous êtes finalement un bon comédien, mon colonel. je comprends pourquoi maintenat vous gagnez au poker quand vous vous réunissez avec les voisins d'en dessous. Mais à moi, me faire le coup de l’homme heureux, impossible vous vous trompez sur moi, on est comme deux freres Abel et Caen, si vous permettez la comparaison. En fait, il y avait je ne sais quoi qui ressemble ces derniers jours ,à un petit malaise derrière votre bonne humeur, si peu contagieuse en ce qui me concerne. Je ne l’ai pas vu tout de suite. Mais j’ai quand même remarqué que vous avez mis beaucoup de gel ce matin mon colonel sur vos cheveux. Et là, je me suis dit, qu’est- ce qu’il nous cache encore le colonel. Une dispute avec Madame à cause de Fatima qui ne veut plus repasser vos cols amidonnés ?. Ce n’est pas la raison. Quand je vois que vous vous donner un mal de chien à être heureux, je ne vais pas vous dire que cela passera comme une aspirine pour un mal de tête pour vous faire plaisir. Oui, je comprends que vous vous préoccupiez tant de vos troupes. Vous avez des raisons d’être inquiet, vos soldats, nos soldats, je dois dire ont commencé à patauger dans le bourbier libanais ; Et quand je dis patauger, je sais de quoi il en retourne.
- Ah, mon ami, vous allez encore m’émouvoir, il ne faut pas vous écouter sinon, je vais devenir neurasthénique. J’ai encore le goût de ce porridge que je prenais à la terrasse du café de Paris dans la rue Hamra, l’avenue des Champs Elysées de Beyrouth !

08/09/2006

A la recherche du temps perdu. Les étoiles ne brillent plus en orient

- Vous me parliez de travail
- Oui, mon colonel, vous en avez abattu du travail et pas seulement que du travail
- Si c’était à refaire, ce serait avec plaisir
- Ah, bon. En tout cas, aujourd’hui, vous les aimez bien les arabes. Le couscous, le rai, la danse et Zidane. Mais dites moi, alors pour quelle raison vous allez pas là bas ? Il y a des voyages organisés, pour les cimetières, les maisons où on est né, les rues où vous achetiez les beignets. Pourquoi, vous n'allez pas là bas? Un petit tour, avec les officiels d'abord et le jour même on vous emmènera voir la maison où vous êtes né. L es voisins de palier ils vont pleurer un peu, c’est sur, on est sensibles dans les bleds. Ca fait du bien l'émotion et vous repartez chez vous avec des photos et tout le monde ils sont contents. Après vous racontez à vos enfants et vos petits enfants qu'ils ont tout massacré, qu'ils respectent rien, qu'ils ne méritaient pas qu'on s'occupe d'eux. Mon colonel, je dis moi que c'est extraordinaire de retourner sur les traces de son passé, de se plonger dans les souvenirs, de retrouver un peu les images, de fouiller le sol, de gratter et même de trouver de la merde, beaucoup de merde. Mais, moi, je vous comprends, je crois que je suis le seul du quartier qui vous comprend.. Avouez que c'est quand même un peu contradictoire. Un jour, vous leur mettez des électrodes aux couilles, le lendemain vous vous jetez à leurs pieds. Vous n'êtes pas le seul à agir ainsi, si cela peut vous soulager la conscience. Moi, franchement et j’en discutais avec mon cousin , c’est un mozabite de Ghardaïa, je crois que vous êtes un peu perdu avec tout ce qui se passe ici.. Le matin, vous engueulez les gars des marteaux piqueurs qui vous construisent une belle mosquée à 18 km de chez vous. Le soir vous engueulez votre femme qui vous demande d’aller chercher une bouteille pour son coq au vin et heureusement l’épicerie du marocain est ouverte à 22h. C’est pas une heure pour les braves, dites mon colonel ?
- C’est bien vrai, ouvert 7 jours sur 7 et presque 24 h sur 24. !
- Laissez moi vous passer la serviette autour du cou. Vous transpirez beaucoup ces derniers temps. Je vous conseille l’eau de lavande de Tlemcen. Elle sent bon les oliviers et le thym. Ce n’est pas comme chez vous où tout est chimique. Voilà, c’est mieux, n’est ce pas, un petit rien et vous repartez comme en 60 j’ai pas dit 62, mon colonel, attention, il faut pas se tromper sur les dates ; bref, j'ai comme le sentiment que vous cherchez par tous les moyens à vous déculpabiliser. C'est vrai que torturer les gens, ça doit laisser de traces. Buvez votre café, je vois que bien que cela vous travaille.
- Quoi la torture ? Quelle torture, vous permettez, ça je ne peux pas le laisser passer même si on a des rapports d’amitié
- Des rapports ?
- Oui, j’ai bien dit d’amitié, une amitié séculaire entre nos deux peuples, forgée par le destin de deux nations, de deux peuples indissolublement liés à la vie , à la mort, c'est comme ça , la devise de mon régiment..
- vous confondez pas un peu les pays, nous , c’est pas l’europe, ni l’Allemagne, ni le Liban
- Vous vous éloignez mon ami. Un interrogatoire , c’est pas la torture, il y a des moyens de pression et on s’arrête juste avant, ça n’a pas changé depuis …...
- …..Depuis Abdel Kader mon colonel et quant ils l’ont pris, ils l’ont interrogé, et ils l’ont pressé, comme vous dites. Oui comme un citron et nous on a perdu la face et le soleil s’est couché et la lune et les étoiles. Ce jour là même les bergers de la plaine de Djelfa se sont perdus, les diamants du soir ne brillaient plus pour guider les chameliers de Tamanrasset, ni pour les âniers de Djanet qui redescendent du plateau d