29.03.2009
Vidéo: Gl Pellegrini, Cdt de la Finul Sud Liban 2004-2007
20:40 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : finul sud-liban, gl pellegrini, intégristes, israël, liban, beyrouth
25.06.2007
G. Freche : Tiberiade et Sarkozy
G Freche s'exprime sur les relations Montpellier Tibériade et sur N Sarkozy, « seul juif, dit-il à avoir été élu président au suffrage universel ! »
22:40 Publié dans Vidéo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Israel, palestiniens, libanais, Liban, Sarkozy
15.02.2007
Explosion au Liban

Il la reconnaissait entre mille, cette odeur, alors qu’ils avançait sans se presser vers les voitures et les corps carbonisés. D’abord sucrée et finalement très vite écœurante, odeur puante de viscères écarlates étalées à la ronde et de chairs noires déjà putréfiées. Cela faisait deux heures que cela s’était produit, le soleil avait hâté la décomposition ; d’habitude les secours arrivaient en trombe, mais là pour une fois, ni les voitures de la croix rouge libanaise, ni celles du croissant rouge n’avaient pu passer lorsque l’explosion s’était produite. Les tirs entre les deux partis empêchaient toute tentative de pénétrer sur le terrain des hostilités et le chauffeur de l’ambulance suisse avait perdu son bras déchiqueté par la balle d’un sniper. Cette odeur de mort, il n’y faisait plus du tout attention, elle lui avait été trop familière, fidèle et inséparable compagne tant de jours et d’années. Les autres avaient mis un mouchoir ou une feuille de l’Orient le Jour et tentaient à la fois de respirer et de voir derrière cet écran .
Il s’arrêta devant le premier véhicule qui devait être une Mercedes, fit la mise au point sur le premier cadavre qui se présentait à lui et appuya sur le déclencheur. Le second et le troisième corps étaient comme soudés entre eux, il se dit que ils faisaient une belle composition, mais comme l’éclairage ne lui convenait pas, il se retint en se maudissant d’avoir laissé son flash à l’hôtel. Il se dirigea alors vers les deux autres véhicules qui brulaient encore en dégageant une odeur de caoutchouc brûlé qui se superposait à celle des corps qui fumaient encore. Il monta sur un petit monticule de terre et mitrailla la scène, tout en suivant avec intérêt la progression des déflagrations qui amplifiaient de seconde en seconde.
Il se dit qu’il avait fait du bon travail. C’est vrai, c’était le meilleur, on ne cessait de le lui dire, mais cela ne le remplissait pas d’orgueil, au contraire, cela l’ennuyait de savoir que personne n’avait été capable de prendre le relais. Aucun jeune aux dents longues ne s’était présenté pour prendre la succession ; il se disait qu’il allait finir alors comme les autres ; il avait pris du poids dans son succès et sa petite bedaine commençait à le déranger, même si personne ne s’en était rendu compte, en tout cas ses maitresses qu’il gardait toujours sous la main ne lui avaient fait aucune remarque désagréable.
Il rentra à l’hôtel, développa rapidement ses négatifs. Ses planches contacts étaient impeccables. Il n’avait pas envie de dormir, il était 7 h du matin à peine en dépit du soleil ardent qui avait pénétré derrière les jalousies. Il alla dans l’autre pièce ; celle qui donnait sur le nord. A sa grand surprise, quand il ouvrit les volets, il constata que le ciel était tout gris, l’orage était proche. Dans deux ou trois heures, au maximum, la pluie allait venir et tout rincer. Là bas, les secours allaient patauger dans la boue et cela le fit sourire. Il se dit qu’il avait fait le bon choix. Cette explosion, ce serait la dernière qu’il aurait photographiée. A Paris, ils ne seraient pas contents. Mais pour lui, c’était vraiment la dernière , la toute dernière explosion - au Liban- ajouta –t il avec de la panique dans sa tête il ne sut pas pourquoi.
00:10 Publié dans Vue de ma fenêtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Liban, explosion voitures piègées
09.01.2007
Itinéraires et chroniques pour temples romains du Liban. (08) Bakka
BAKKA
33° 35' 30
35° 55' 11
85 Km
Chtaura. Route de Damas.
A la fourche d'Anjar direction Rachaïa –Marjayoun.
A 14 Km sur la droite le croisement de Aïn Arab et Kirbet Rouha.
Prendre la route de gauche qui traverse Aïn Arab pour atteindre 6 Km plus loin Bakka.
Bakka n’échappe pas à la règle !
Comme beaucoup de temples de la région, son podium (dont les quatre assises de blocs de granit sont toujours intactes actuellement) jouxte de très près les maisons du village. Leurs occupants ont naturellement usé de ses pierres.
L'âne trottait d'un pas nerveux, rendu plus rapide par les petits coups de roseau qu’assénait sans cesse l'enfant qui le montait. Il contourna les vieux murs et s'engouffra dans la ruelle au moment où la prière du muezzin s'élevait une fois de plus. La vieille femme qui était déjà rentrée et ressortie à deux reprises pour donner du grain à la volaille qui picorait devant sa porte, portait un lourd panier rempli de linge. Elle était aidée par un adolescent d'une quinzaine d'années.
L’air maussade, le garçon plaçait quelques vêtements sur un fil de fer.
- Je sais que ça ne lui plait pas à Tarek, il a quinze ans et il tu n’aime pas que ses amis le voient travailler comme une fille, même pour aider sa grand mère, dit-elle en s’avançant avec un charmant sourire, mais c'est son père qui a décidé. Moi je ne veux pas que mon petit- fils s'éloigne du village quand son père est absent poursuivit -elle en s’adressant à un public invisible. "Alors il faut obéir. Tarek, tu es un bon fils pour lui. . Ton père est dans l'armée, il a déjà perdu ta mère, une brave femme et trois de ses enfants à la guerre. Il ne reste plus que toi et ton frère. Que Dieu le bénisse, il ne nous oublie jamais celui-là, tous les mois il nous envoie de l'argent des Etats-Unis. La maison qui est collée au temple, c'est à nous. C'est un bon emplacement, très calme. Elle ne dérange personne, c’est interdit, mais ici, qui va venir ? La loi ? Quelle loi ! Bientôt, il y aura trois étages. Non, quatre. Quand ce sera fini, ton frère, mon autre petit fils, il reviendra et on pourra tous s’installer. Il y a de la place pour tout le monde et quand il va se marier, on fera la noce dans la cour du temple. C'est bien mieux comme ça".
00:26 Publié dans Loisirs/Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : temples romains, Liban, tourisme, Beyrouth
05.01.2007
L'enfer de Khiam
Ce film sur la prison de Khiam, située au sud Liban, a pu être réalisé juste avant la destruction de celle - ci par un bombardement israélien lors des derniers affrontements en 2006. La prison était devenue tristement célèbre en raison des conditions inhumaines de détention des prisonniers libanais. Témoignage de l'un d'entre eux avec visite des lieux à l'appui.
20:25 Publié dans Liban vidéo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Liban, guerre, prison, Khiam
28.12.2006
(7)Itinéraires et Chroniques pour Temples romains du Liban. Amioun
AMIOUN
34° 15' 49 N
35° 46' 21 E
75 KM
Tripoli vers Bcharré.
Sortie de la capitale direction Amioun. A 10 Km de Tripoli, une route à droite conduit à Btourram, Bechmezzine, Amioun. L'église de Mar Jorios est en haut du village après avoir serpenté dans des ruelles très étroites. 2 ième itinéraire plus direct via Chékka et Kousba.
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L’église St Georges en plein cœur du village a été bâtie sur les fondations du temple. L’entrée de l’église est agrémentée de quelques fûts de colonnes qui brisent l’austérité de l’édifice religieux.
Côté sud, l’assise parfaitement visible est constituée de blocs massifs.
En pénétrant à l’intérieur de l’église, on remarque les modifications qui ont été apportées au cours des siècles à l’édifice religieux, mais les ajouts successifs n’ont rien enlevé au charme qui se dégage de l’ensemble.
Vers le ciel trop clair, chauffé à blanc ce jour là, telles des excroissances sauvages greffées à la colline dénudée, elles dominaient Amioun, élevant à l'unisson leur minuscule clocher, se ressemblant comme des sœurs jumelles. Un telle profusion ne pouvait qu'engendrer la confusion et dans le village, après s'être maintes fois renseigné, on finissait par admettre qu'Amioun en possédait une bonne douzaine de ces petites églises. Treize en fait. De toute façon, celle-ci une fois de plus n'était pas la bonne, il fallait donc poursuivre le chemin et monter bien plus haut. Après un parcours sinueux dans des ruelles étroites, une grande vasque et un fût de colonne attestèrent enfin que c'était bien là le bon endroit. Devant le porche, des ouvriers travaillaient à remettre en état la façade.
- Faites attention au ciment, il est tout frais mais rentrez. Vous ne vous êtes pas trompés. C'est bien ici, chez nous dans cette église, il y a juste un an qu'eut lieu le miracle. D'abord, je vous montre le souterrain.
L'homme qui tenait ces propos se présenta : il avait vécu à Amioun une grande partie de sa jeunesse et la guerre l'avait forcé à quitter le pays. Depuis peu, il était rentré et une de ses premières préoccupations avait été de réparer l'église. Il était ingénieur.
Après avoir déplacé quelques bancs et soulevé avec peine un tapis usé par les milliers de pas, il fit basculer sur le côté une trappe en bois qui venait d'apparaître. Se penchant au-dessus du trou qui ressemblait à un puits, il fit décrire à la torche qu'il tenait en main de grands cercles autour de la paroi en pierres taillées qui s'enfonçait dans l'obscurité.
- L'année dernière, nous n'avons pas été plus loin. J'ai mesuré : neuf mètres. C’est un souterrain qui date de la période byzantine. Il faudrait poursuivre les travaux, mais nous savons déjà qu'il aboutit un kilomètre plus loin à l'autre église, celle de St John.
Il resta silencieux un long moment et finit comme à regret par refermer la trappe, car l'obscurité qui enveloppait l'orifice ne pouvait confirmer davantage ses propos, mais le tapis replacé, en se relevant, il poursuivit avec un certain engouement :
- Mais le plus important, ce sont nos icônes, les plus belles de toute la région.
En se rapprochant de l'autel, on pouvait apercevoir malgré l'obscurité qui régnait à cet endroit, des miniatures parfaitement alignées, illustrant la légende de St Georges terrassant le dragon, certaines représentant très naïvement le chemin de croix. Des dates plus ou moins lisibles apparaissaient : 1820, 1840 , 1844.
- Si vous vous amusez à les compter, dit l’ingénieur qui s’était rapproché en silence, contemplant les icônes comme s’il voyait pour la première fois , nous en avons soixante
- Tenez, celle-ci, c'est notre icône de la Vierge et grâce à elle, le 2 avril 1995, notre église est devenue célèbre. Sinon, vous ne seriez pas là, n'est-ce pas ! Ce jour là, tous les fidèles, et j'en faisais partie, c’était juste avant la fin de la messe, nous avons vu une grande lueur qui sortait de l'icône, celle qui était juste placée derrière le père qui officiait. Je vous assure, j'étais à trois mètres, je me suis précipité. De l'huile, oui Monsieur, croyez moi, j'ai vu de l'huile sainte qui suintait de la toile. Cela ne s’arrêtait plus et ne me dites pas que ce sont les pigments de la peinture qui tournaient à cause de la chaleur ou de la lumière. Ici, il fait toujours frais et nous n'avons que quelques cierges. Nous avons tout de suite compris que c'était un signe de Dieu. Nous nous sommes agenouillés à la place où vous vous tenez en ce moment et nous avons recueilli de cette huile. C'est à partir de ce moment que les miracles ont commencé dans notre région.
Il resta un moment silencieux puis s’avança vers l'entrée. Sur un pupitre, un grand livre était ouvert. Sur chaque page couraient des phrases en plusieurs langues, dans une écriture souvent maladroite.![]()
- Approchez vous, il suffit de lire. Voilà, tout est écrit ici, tous ceux qui sont passés par notre église. Il y a les témoignages des médecins et surtout ceux des malades. Je suis ingénieur, je vous l'ai dit tout à l'heure et je ne crois qu’à ce que je vois ; j'ai vu de mes propres yeux et le même jour un malade marcher, un handicapé des deux jambes. Nous l'avions frictionné le matin avec un simple coton imbibé d'huile sainte. Attendez, ne souriez pas, dans la même semaine c’est une vieille dame aveugle qui a retrouvé la vue sur le champ . J'aurais aimé que notre prêtre vous en parle, il aurait pu vous fournir d'autres témoignages dignes de foi. Mais je regrette, il n'est pas là, il part en voyage chaque année quelque part et cette fois il est parti au Brésil pour informer la communauté de ce qui s'est passé. En fait, depuis le miracle, nous recevons des gens du monde entier, mais suivez - moi.
L'ingénieur était devenu silencieux, comme étourdi par ses propres paroles qui résonnaient sourdement dans le chœur. En regagnant la lumière, il regarda une dernière fois les icônes qu'il n'avait pratiquement pas quittées du regard, comme pour vérifier qu'elles resteraient à jamais là, dans la pénombre.
- J'ai oublié de vous dire, que ce temple sur lequel a été bâti l'église, notre chère église, était très connu dans l'antiquité. On l’avait surnommé " le Temple de l'Amour "!
23:35 Publié dans Loisirs/Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : temples romains, Liban, tourisme, Beyrouth
(8)Itinéraires et Chroniques pour Temples romains du Liban. Akroum
AKROUM
34° 32' 34 N
36° 21' 26 E
165 Km
Route de Tripoli et d’Homs
Se diriger à l’est vers Kobeyat. Dépasser cette localité d’une trentaine de Km pour arriver à Akroum qui semble être le bout du monde. Ne pas hésiter à se renseigner pour atteindre le temple caché en plein cœur de la montagne.
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De nombreux fragments de moulures au sol, des murs avec arcades séparés par une arche, ce qui est peu fréquent, voire rare, une cella en forme d’alcôve, des corniches ouvragées assez bien conservées, enfin l’existence commune de trois temples prostyles qui côte à côte s’étendent face au lac d’Homs : l’ensemble de ces vestiges mérite le déplacement et la peine qu’on se donnera à gravir la forte pente de la colline pour accéder à ce site fort éloigné de la capitale
Seul le ronflement sourd du narguilé se percevait. Tous les trois, les genoux repliés sous eux, sur un tapis qui avait perdu depuis longtemps ses couleurs, ils se tenaient immobiles, les mains à quelques centimètres au-dessus du poêle. Un ancien poêle à bois, tout rouillé de l'extérieur et dont le conduit en fer blanc laissait passer par à coups un peu de fumée qui montait doucement en de petites volutes au dessus du groupe silencieux. La pièce était fort sombre : une lumière faible qui provenait de l'unique lampe à pétrole posée à même le sol. A l'origine blanche, la teinte des murs avait viré au gris, tandis qu'au niveau du plafond, là même où le tube étroit s'enfonçait, tout le pourtour était noir.
Celui qui fumait par petits coups le narguilé paraissait le plus âgé, mais il était difficile de se prononcer sur son âge. Le torse légèrement incliné, à voix très basse, d'une voix presque inaudible, il se présenta comme étant le cheikh. Posant le tube flexible qui n'avait jamais quitté sa bouche, d'un geste lent, il commença en silence, sans que ceux-ci aient relevé la tête, comme hypnotisés apparemment par la vision du poêle qui à vrai dire ne dispensait qu'une maigre chaleur, à dénouer le turban blanc qu'il portait, et tout en le déroulant avec un soin extrême, il prit à témoin la femme qui disposait aux pieds des hommes un minuscule plateau qui supportait une grande cafetière cabossée.
- Le temple romain, c'est comme s'il n'existe pas pour nous. On sait qu'il est là. Moi, ça fait bien six mois que je ne suis pas monté. Pour aller en haut, ça prend du temps. On nous a installé le téléphone cellulaire il y a une semaine, ici il ne fonctionne pas. Il n'y a qu'un endroit d'où on peut parler, c'est là-bas, il n'y a rien qui gêne.
Il se tut un long moment et son voisin lui tendit le narguilé. Il aspira longuement sans que rien ne vienne, puis des petites bulles finirent par monter avec un léger bruit dans le verre transparent. Un long silence remplissait à présent la pièce dont les contours disparaissaient dans la fumée qui avait envahi peu à peu chaque recoin. La femme qui s’était tenue immobile à l’écart du groupe se rapprocha du poêle comme pour se réchauffer, sans oser joindre ses mains à celles des hommes. Elle avait le regard fixé au sol et tenait encore la cafetière vide dans sa main. Elle l'agita deux ou trois fois et dit sans lever la tête :
- Aujourd'hui, il faut monter téléphoner pour avoir des nouvelles de ton petit -fils à l’hôpital , tu as juste le temps avant la nuit .
Alors l'homme sans paraître gêné par le tube de narguilé qui était resté en bouche, pour la première fois lança un regard vers ses amis et dit d'une voix ferme qui n'avait plus aucun rapport avec le ton qu'il avait utilisé auparavant :
- C’est d'accord, ma femme, tu as raison ! Je m’arrêterai avec le monsieur et je ferai une prière pour le petit de mon fils. Le dieu des Romains, c'est le mien aussi. Je vais en profiter pour voir comment se porte la montagne et notre temple d'Akroum. Avec les pluies cette année, je me demande ce qu’il en reste.
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29.11.2006
(6)Itinéraires et choniques des temples romains du Liban. (6)
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AÏNTOURA
33° 53’ 06 N
35° 45’ 49 E
50 Km
Prendre la route Mrouj-Zahle via Bois de Boulogne. 1 km avant Aïntoura, tourner à droite (juste devant le transformateur couleur jaune en haut d’un poteau électrique en bois) pour prendre un sentier. Prévoir 20 Minutes de marche. Descendre jusqu’au ruisseau, le traverser et passer devant la bergerie. Le temple se trouve juste à proximité d’une maisonnette en pierres du pays
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Il avait fallu parlementer longtemps avec les villageois. Le groupe rencontré près de la petite place d’Aïntoura hésitait : difficile pour la plupart de se souvenir après tant d’années de l’emplacement exact du temple et de s’y rendre, car l’accès n’était pas aisé. Michel, lui venait juste de rentrer d’Afrique. A 65 ans, il voulait profiter pleinement de sa retraite. La marche lui était déconseillée à cause de ses rhumatismes. Wissam, de son côté, chauffeur de poids-lourds, la trentaine sportive, se souvenait vaguement de l’endroit où il jouait il y a fort longtemps. Il se décida finalement : repartir sur les traces de son enfance n’était pas pour lui déplaire mais il allait prendre sa carabine pour se protéger des serpents. Jusqu’au temple, la descente était scabreuse même en roulant très lentement. La pente était raide et il fallait éviter sans cesse les ornières sournoises. Mais avant de retourner sur le sentier qui menait aux ruines, Wissam tenait absolument à revoir une des deux bergeries dont il gardait souvenir de l’époque de son grand père. Il fallait donc laisser le temple derrière soi et remonter d’abord tout droit vers le soleil.
Pour escalader les restanques, les pieds devaient s’accrocher au sol sec qui s’effritait. La première bergerie apparut enfin : une seule pièce, sans toiture, à l’abandon. Mais un peu plus loin, d’autres murs montés à l’ancienne étaient visibles, protégés par un épais feuillage. A quelques mètres de l’habitation ouverte aux quatre vents, plusieurs fosses vides, toutes façonnées en pierres. Wissam tira en prenant tout son temps une cigarette de son paquet d’américaines pour raconter :
- C’est ici que se préparait le débés devant moi et mes frères . Ses souvenirs allaient être interrompus au même instant par l’arrivée d’un villageois, la soixantaine, le visage sec, cuit par le soleil, un bâton à la main et qui, sorti de nulle part, était suivi d’un chien jaune à la tête balafrée. La taille haute, le torse ceint d’une grande écharpe de couleur vive, le berger ne paraissait pas surpris par la présence de visiteurs sur ces lieux. Deux vaches aux flancs maigres arrivèrent aussi silencieusement que lui, se dirigeant sans hésiter vers l’une des grandes fosses où flottaient de grandes feuilles amenées par la brise.
- Depuis vingt ans, depuis la guerre, ce n’est plus un abri, dit l’homme qui ne s’était pas présenté et avait fait seulement un petit geste de la main en arrivant. Les miliciens à l’époque, c’est là qu’ils dormaient avant de repartir plus haut et quand ils étaient trop nombreux, ils restaient plus bas dans le temple romain. Tout le monde pouvait les voir de la vallée, ils allumaient un feu qui éclairait les pierres comme en plein jour. Tout ça c’est fini. Ici, c’est calme à présent.
Il avait commencé par sortir une vieille pipe de sa vareuse et poursuivit de la même voix basse :
- A quatre heures, je passe et je me repose un peu comme maintenant, comme hier et avant hier. Je pars avant la nuit avec mes bêtes vers Aïntoura, vers ma ferme. J’ai six enfants, mais aucun ne m’aide car il y a l’école.
Devenu soudain silencieux, il tourna son regard vers la vallée. Puis levant d’un geste lent son bâton, il le tendit vers la plaine et rebattant son foulard sur le visage, il commença au rythme de ses pas et de son temps à descendre lentement, suivi des deux vaches et de son grand chien jaune, posant fermement d’un geste précis le bâton sur la pente qui conduisait au temple et plus loin à sa ferme.
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19:30 Publié dans Loisirs/Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : temples romains, Liban, tourisme, Beyrouth
20.11.2006
(5)Itinéraires et chroniques des Temples romains du Liban. Ain Kfar Zaébad
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AIN KFAR ZABAD
70 Km
Route de Damas jusqu’à Chtaura et à l’embranchement de la caserne de Rayak. 6 km plus loin prendre la bifurcation de droite vers Kfar Zabad et emprunter le sentier qui mène à l’émetteur TV. 45 mn de marche, puisqu’il ne permet pas encore actuellement l’accès en voiture aux installations techniques et encore moins aux temples.
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De chaque côté de la route s'étendaient les greniers éternels du Liban. Tels d'immenses damiers, les champs d'orge, les grands carrés de blé et de canne à sucre se déroulaient en une longue perspective panoramique qui se perdait au loin dans un voile transparent de chaleur. Depuis Zahleé les mêmes scènes s'offraient au regard. En venant de Beyrouth, il suffisait de descendre vers la vaste plaine de la Békaa, pour découvrir au loin des taches de couleurs écarlates, parfois animées, le plus souvent immobiles.
En approchant, on voyait que c'était des femmes, des enfants et des hommes de tout âge, courbés, certains avec de grands sacs sur les dos, d'autres de simples paniers à la main, ramassant, creusant, fouillant et fauchant, tous débordant d'activité. Mais ce qui frappait le plus, c'était le rythme monotone, répétitif, qui imprégnait les gestes. Etait-ce dû à la chaleur ? Dans cette économie de mouvements que l'on percevait, où se devinait le souci d'efficacité, peu de paroles et encore moins de chants ne s'élevaient dans l'air sec.
Parfois, un tracteur faisait rugir son moteur en arrivant à toute allure près d'un groupe. Il s'ensuivait une petite bousculade. C'était à celui qui en premier déchargerait le plus vite possible son sac dans la remorque et à ce moment on pouvait voir des gamins de huit à dix ans, dans leur précipitation en renverser à moitié le contenu sur le sol. Des rires fusaient de toutes parts et les mères en profitaient pour s'octroyer un peu de répit en resserrant autour de la taille leurs vêtements trop amples.
La route pour Kfar Zabad était encombrée par des motoculteurs qui roulaient en s'appropriant toute la chaussée ; il fallait donc se ranger suffisamment tôt par précaution, car les conducteurs roulaient vite. Le dernier d’une longue file se rangea sur le côté afin de laisser la chaussée libre :
- Kfar zabad ? ou Ain Kfar Zabad, attention, ce n'est pas la même chose ! s'exclama, le chauffeur dans un français approximatif, mais, c’est la bonne direction dit-il en se baissant sur le sol tout en relevant sur son front brûlé par le soleil son chapeau de paille.
Il commença à dessiner la route à grands traits sur le sol :
- J’y vais tous les après - midi. Je livre de l'eau à partir de six heures, j'arrête en principe à trois ou quatre heures. Je fais une dizaine de voyages avec ma citerne. Les gens ici, n'ont pas les moyens de s'offrir un puits, il faut creuser au moins cent mètres et ça coûte cher. Je ne sais pas si cette année le gouvernement va aider les habitants comme il nous a promis. Il y a bien un peu partout des sources, mais il faut poser les canalisations. Nous, les Libanais, les jeunes comme les vieux, on a appris qu'il ne faut jamais être pressés par le temps. Ici, ce n'est pas l'Europe, il faut être patient.
Cette philosophie de l’action allait pouvoir se vérifier avec le chemin qui se dirigeait vers le temple de Kfar Zabad. Il était long, pénible, la caillasse roulant toujours sous les semelles, et le paysage allait rester austère tout au long des quatre ou cinq kilomètres qui menaient aux ruines. Ce jour, je disposais de trois compagnons de route. En chaussures de ville bien cirées, ils avançaient avec nonchalance. Leur voiture était restée plus bas. Normalement, ils faisaient chaque semaine ce voyage pour grimper près du relais de télévision installé à côté des ruines.
- On dépend du Ministère des Ressources hydrauliques et il faut faire des rapports précisa Rabiah le plus causant des trois hommes et qui avait enlevé sa veste pour être plus à l'aise. Normalement, je travaille sur place, mais je dois voir la Direction au moins une ou deux fois à Beyrouth. Toute ma famille est là, j'ai une maison et neuf enfants et je n'aime pas m'absenter. Je reviens le soir même s'il y a de la neige ou du brouillard. Je préfère mon village. Beyrouth, c'est trop loin, et ce n'est pas calme !
Les ruines apparurent, elles étaient très dispersées, avec par ci, par là des linteaux brisés et quelques socles doriques.
- C'est vrai poursuivit Rabiad qui avait remis sa veste à cause des bourrasques du vent qui s'était levé : quand j'étais plus jeune et que je montais avec mes frères pour chasser les oiseaux, il y en avait des dizaines comme celui là, dit-il en tapant de la main le socle où il s’était assis. Il faut comprendre, avec le coût du ciment, chacun se sert comme il veut. Avec cette pierre par exemple, tiens, on peut faire une bonne table basse qui ne bougera pas pendant des années. J’ai la même chez moi.
Plus tard, en revenant directement par le flanc de la montagne, pour gagner du temps sur la nuit qui tombait vite, dans une maison où régnait déjà presque l'obscurité, une petite fille de deux ans entourée de ses trois frères et cinq sœurs, nous offrit son sourire. Le père après avoir allumé une lampe à gaz, s'empressa de déposer quelques tasses en plastique bleu sur un socle en pierre semblable à celui vu quelques heures plus tôt. Toute la famille s’était regroupée sur un vieux canapé élimé. Puis, en attendant qu’on ait fini de verser le café, les enfants redevenus silencieux sur un simple regard de sa part, Rabiad commença à parler une fois de plus du sujet qui lui tenait à cœur depuis notre rencontre : des pièces antiques avaient été découvertes la veille même, à moins de cent mètres de l'endroit où nous nous trouvions cet après – midi. Il fallait les voir à tout prix avant qu’elles ne partent pour Londres.
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21:20 Publié dans Loisirs/Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : temples romains, Liban, tourisme, Beyrouth
18.11.2006
(4)Itinéraires et chroniques des temples romains du Liban. Ain Hircha
AIN HIRCHA
95 Km
Route de Damas. Avant le poste frontière, tourner vers Rachaya et passer par le village de Beit Lahia pour atteindre celui d’Ain Hircha. Le temple est seulement accessible par un sentier qui monte abrupt vers la montagne. 45 Minutes de marche permettent d’arriver aux ruines.
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Charbel n’avait que treize ans. Mais, depuis son père, depuis son grand-père, depuis toujours, il avait gardé l'habitude de la montagne et ses pieds nus, ne ressentaient même plus la dureté des pierres aigues et coupantes du sentier qui montait sans cesse en lacets. Il s'arrêta au sommet enfin après plus d'une demi – heure d'escalade et sans même prendre le temps de reprendre son souffle, il annonça de son air le plus sérieux possible :
- C'est le tombeau d'une reine. Elle est morte il y a très longtemps. Quand ? Je ne sais pas, mais tout le monde dit par ici que c’est ce serpent qui l’a tuée ! Elle était belle.
En bas du podium, un sarcophage en effet s'offrait au regard et la dalle qui le recouvrait à l'origine, intacte, sans même une cassure, était inclinée sur le côté. On y voyait le corps d'un long reptile dont les écailles brillaient à contre-jour, s'allongeant sur plus de deux mètres et s'achevant par un visage, celui d'une femme aux traits assez réguliers malgré le passage des siècles qui en avait estompé le contour. Elle contemplant de ses yeux vides, éteints, le ciel immense.
- Quand j'étais plus jeune, je venais au moins une fois par semaine avec mon frère pour regarder le serpent et on s'asseyait ici à l'entrée de cette grotte pour discuter avec notre ami, un vieux berger. Je me souviens de lui, il s'appelait Tony et on aimait bien se reposer ici avant de redescendre au village. On faisait un petit détour pour s'arrêter ici près du temple et pourtant pour lui, ce n’était pas intéressant de venir, il n'y a jamais assez d'herbes pour ses chèvres, mais il aimait nous retrouver. Voilà, c’est bien cette grotte où il allumait du feu pour cuire son pain..
Charbel s'était arrêté pensif à l'entrée de l'ouverture circulaire, le regard dirigé sur le sol où quelques vieilles boites de conserves rouillées traînaient. Puis après un assez long moment, tandis que le temple plongeait peu à peu dans l’ombre, il continua :
- Un jour, nous sommes montés ici mais on ne l'a pas vu. On l'a attendu longtemps puis on a fini par descendre au village. On est revenu plusieurs fois mais il n'était jamais là. Un jour, on m’a dit qu’il avait marché sur une mine que les intégristes avaient posée et qu’il avait perdu une jambe. Après, nous ne sommes plus montés au temple. C'est la première fois que je reviens à cet endroit depuis quatre ans, je croyais que Tony pouvait revenir, mais je me suis trompé, c’est trop haut par ici et un berger avec une jambe, il ne peut plus rien faire.
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